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La basilique de Lorette, en Italie.

Au commencement du XIVe siècle, reprenant l'idée réalisée à Nazareth par sainte Hélène, les habitant de la Marche d'Ancône eurent à cœur de renfermer la Sainte Maison dans une église qui l'abritât et répondît aux nécessités spirituelles des pèlerins qui affluaient au modeste sanctuaire de Marie. Achevée en 1341, le Pape Paul II lui substitua, en 1464, la grande basilique qui renferme aujourd'hui encore, en manière de vaste et splendide reliquaire, la Sainte Maison de la Mère de Dieu.

Dans son état actuel, «c'est une des plus belles églises de l'Italie» ornée à plaisir par les Papes qui y sont venus en pèlerinage comme leurs sujets; trois portes de bronze ciselé donnent entrée dans le saint temple, au centre duquel se trouve la Sancta Casa dans sa robe de marbre blanc, brodée de magnifiques bas-reliefs dont Le Bramante (1444-1514) fit le dessin que Sansovino, Sangallo et Bandinelli exécutèrent." Ce magnifique revêtement de marbre commandé par le Pape Clément VII entoure la Sainte Maison, mais ne la soutient pas; il ne la touche même nullement.

L'an 1586, l'église de Notre Dame de Lorette fut érigée en cathédrale par le Pape Sixte V, de collégiale qu'elle était. Ce Pontifie fit placer sur la façade de l'insigne sanctuaire l'inscription en lettre d'or: "Dei parae domus in qua Verbum caro factum est." (Maison de la Mère de Dieu, où le Verbe s'est incarné.)

La statue de la Madone haute de 86 cm représente la Saint Vierge debout tenant l'Enfant Jésus. Elle est en bois de cèdre et couverte de magnifiques draperies. Les visages étaient primitivement de couleur d'argent, mais les siècles leur avaient donné une patine noir. "La tête de la Vierge est d'une rare beauté et la pose remarquable de noblesse. Selon la coutume des filles de Nazareth, la sainte Madone porte des cheveux partagés sur le front et épars sur les épaules. On ne lui a pas donné de voile sur la tête, mais un diadème de perles. Elle est placée sur un autel éblouissant de pierres précieuses. L'Enfant Jésus porte la coiffure et le costume des Nazaréens. Les premiers doigts de sa main droite sont relevés comme pour bénir et la main gauche soutient le globe, symbole du pouvoir souverain.

Cette description de la statue de Notre-Dame vénérée dans la Sainte Maison, à Lorette, nous suggère une remarque: les plus anciens documents ne mentionnent qu'un seul objet de cette espèce, y existant en 1291 et en 1294, étant en bois de cèdre et regardé comme un œuvre de l'apôtre saint Luc. Les termes employés sont "imago", "simulacrum" et "effigies" (image, simulacre, effigie) qui peuvent s'entendre aussi bien d'une peinture sur bois de cèdre que d'une statue taillée en ce bois. Or, des documents conservés à Tersatz établissent que le bienheureux "URBAIN V, souverain pontife, pour satisfaire à la dévotion des FIDELES DE TERSATZ, accéda aux prières de la FAMILLE FRANGIPANE et fit don, en 1367, à leur sanctuaire, de L'IMAGE DE LA SAINTE VIERGE, PEINTE AUTREFOIS PAR SAINT LUC, SUR BOIS DE CEDRE, ET APPORTEE DE NAZARETH AVEC LA SAINTE MAISON.". Il y a donc lieu de penser que l'image de Marie, attribuée à saint Luc et existant dans la Sancta Casa en 1291, était non pas une statue en bois de cèdre, mais cette peinture sur bois en envoyée à Tersatz, en 1367, par le Pape Urbain V. Mais il est évident que le bienheureux Pontife n'aura pas ainsi disposé de cette précieuse et vénérée image, si la Sancta Casa de Lorette n'en avait déjà reçu une autre, depuis un certain temps, et laquelle était l'objet de la dévotion, parce que l'ancienne, en raison de sa vétusté, attirait moins leur attention.

Ne faut-il pas conclure aussi que cette seconde image de Marie et cette statue qui a été vénérée dans la Sainte Maison de Lorette jusque en 1291? D'ailleurs, l'attitude de la Vierge qui est debout et tient l'Enfant Jésus sur le bras gauche; l'absence de voile sur la tête de Marie; le diadème de perles qu'elle porte au front; le geste de l'Enfant Dieu qui bénit à la manière latine, c'est à dire les premiers doigts de la main levés; le globe qu'il tient de la main gauche; tous ces détails portent à croire que cette statue n'est pas antérieure au Moyen âge.

Des archéologues pensent qui si cette statue date du XIVe siècle, il y a lui de soupçonner qu'elle a subi certaine modification au XVIe , même avant qu'on l'habillât de draperies à l'époque de la Renaissance.

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